La Montagne

Sans Sommet

Méditation - Enseignements

Etude de la Voie du Zen

Le Zen

“Lorsque l'esprit ne demeure sur rien,
le véritable esprit apparait"
Sutra du diamant 

 

Zen,  ce n’est qu’un mot. En aucun cas une réalité précise et figée, ni une «promesse ».

Mais puisque nous fonctionnons par les mots, il est bon de s’y attarder un peu.

 

Ce qu’on appelle ZEN, est avant tout un courant bouddhiste issu de la branche Mahayana, (le Grand Véhicule), appelé aussi le Bodhisattvayana (La Voie  des êtres d’éveil).
Cette famille bouddhique concentre tout son enseignement et sa pratique sur ZAZEN, la méditation assise. Retour pur et simple à l’expérience primordiale du Bouddha Sakyamuni.

 

Nous sommes bien loin de l’imaginaire occidental si lié au mot ‘zen’. Il ne s’agit pas d’états extatiques, métaphysiques, ni d’expériences sur-humaines. Le zen n’est pas un petit paradis au delà de cette vie, où tout serait calme, béatitude et extase, et où la douleur et la souffrance n’existeraient plus.
Si quelqu’un vous promets ce paradis là, fuyez !


A vrai dire, "être zen", "vivre zen", tout cela n’a pas de sens. La pratique bouddhiste, concentrée en zazen, est totalement au delà de toutes ces attentes, ces buts à atteindre, ces techniques et autres recherches de bonheurs absolus.

 

Etymologiquement, le mot ‘zen’, est une traduction japonaise du mot chinois ‘ch’an’, qui lui même vient du mot sanscrit ‘dhyâna’, puis du coréen "so'on".
Littéralement il est vrai que nous pouvons traduire dhyâna par ‘méditation’, ou plus précisément ‘contemplation’, mais le sens qui traduit bien plus justement ce mot, cette expérience, est : ‘
absorption’.

 

À la lumière de l’enseignement du Bouddha, cela prend un sens encore plus profond quand on l’associe à ‘Samâdhi’, (sam-) établissement, maintien, « re-position » (-ādhi) la conscience, l'attention.

En un mot l’absorption consciente dans le présent.


Le zen est, par zazen , le retour à l’expérience originelle du Bouddha historique. Pleinement, ici. Présents. Sans but ni attentes. Pleinement soi. Et détaché du soi.

 

Maître Dôgen décrivait cela avec ces mots :

«Se connaître soi-même, c'est s'oublier. S'oublier soi-même, c'est laisser toute chose nous enseigner et nous accomplir.»

Zazen, est le retour à notre nature profonde et véritable révélée. Cette nature que dans le bouddhisme on appelle la Nature de Bouddha. Concept difficile à exprimer par le simple fait qu’il ne devrait point être exprimé mais plutôt vécu, expérimenté. Savouré.

Si le Bouddha prit conscience que cette vie est régulièrement traversée par la souffrance, l’incomplétude, l’insatisfaction, il enseigna aussitôt la possibilité de se délivrer de tout cela, et atteindre ainsi l’éveil parfait, cette sagesse sereine et profonde qui nous habite et nous constitue.

 

«Ne recherchez pas le passé. Ne soutenez pas d’espoir pour le futur. Le passé n’existe déjà plus et le futur n’est pas encore apparu. Discernez parfaitement la nature du présent au coeur de la réalité. 
Celui qui sans bouger et sans vaciller saisit le présent approfondit son état de vie. Ayez simplement le cœur déterminé à faire ce qui doit être fait aujourd’hui.» 

(Sources bouddhisques)

 

Zazen, le zen, c’est tres simple. Tout aussi simple que « comment puis-je t’aider ? ». Seulement, cet être à qui vous allez tendre la main, cette fois c’est vous même. Le premier être à aider, à réconcilier, à sauver, à aimer, c’est vous même. Et, l’univers tout entier se trouvant déjà en vous, c’est le monde qu’on aide en zazen.

 

Zazen c’est donc revenir paisiblement à notre nature profonde, cette nature dite «de bouddha».
Si on pouvait prendre une image, j’aime assez celle d’un grand lac de montagne.
Quand le nuage se reflète à la surface du lac, il y a le nuage. Quand le vent caresse ou brusque la surface du lac, alors l’onde apparaît et le vent est dans le lac.
Quand un aigle vole majestueux au dessus du lac, l’aigle est vraiment dans le reflet du lac. Seulement, le lac n’est ni un nuage, ni le vent, ni l’aigle. Ainsi notre esprit originel, notre nature véritable.
Quand la joie, la souffrance, l’échec ou la réussite, le bien aller ou le mal aller apparaissent, ils traversent vraiment notre existence. Mais la libération consiste à comprendre en profondeur que nous ne sommes ni cette joie ni cette tristesse, ni cet échec ni cette réussite, ni ce bien aller ni ce mal aller. Comme le lac, bien plus larges et infinis.

 

L’éveil au fond c’est simplement cela.
Sereins, assis, posés, présents à l’existence, laisser tout apparaître et tout disparaître. Ici et maintenant.
Le passé n’existe plus ; l’avenir pas encore. Il n’y a qu’ici et maintenant et « juste ainsi » que nous pouvons exister en profondeur et vérité.

Aussi épanouis que l’éclosion d’une fleur.

 

Un jour deux moines discutaient du drapeau du temple qui flottait dans le vent.
« Le drapeau s’agite » dit l’un. 
« Le vent s’agite » , dit l’autre.
Ils se renvoyaient la balle, sans parvenir à se mettre d’accord.
« Ô moines ! lança leur maître, ce n’est pas le vent qui s’agite, ni le drapeau. C’est votre esprit qui s’agite, divague et crée le conflit. »

Pratiquer zazen, c'est cesser tous nos conflits, intérieurs d'abord, puis extérieurs. Lorsque tout conflit, toute illusion, toute agitation cessent de gouverner notre existence alors nous pouvons commencer à vivre vraiment...

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