La conscience pendant zazen

dépasse la conscience et dépasse zazen.

 

Au delà de tout attachement, de tout préjugé et de tout jugement, en zazen apparaît ‘Hishiryo’, la conscience au delà de la conscience ; la conscience avant la conscience : la conscience originelle.


Tout ce qui apparaît à l’esprit disparaît aussitôt sans laisser de traces. Comme les bulles se formant à la surface de l’onde de l’océan. La pratique qui nous ramène à retrouver cette conscience naturelle et originelle est ‘mushotoku’, c’est-à-dire pas de but, qu’il soit matériel ou spirituel.
 

« Quand l’esprit ne demeure sur rien, 

le véritable esprit apparaît. »

dit le Sutra du Diamant

Hishiryo est la porte de l’accès direct à la libération de nos illusions et à la fusion paisible et sereine avec l’univers tout entier. Cette conscience qui perçoit tout apparaître et disparaître aussitôt, impermanent, réalise notre nature et nous éveille de l’illusion d’être ce que nous pensons ou ce que nous ressentons ou encore ce que nous vivons comme expériences; ainsi se dissout l’illusion d’être coupés et séparés du reste du monde, indépendants et immuables.
C’est la conscience d’immensité, d’infini, de grandeur qui nous traverse et nous entoure. Impossible à dire. Inconcevable. Pourtant elle est la clé de notre libération.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Manifester Sanshin

En japonais on peut traduire littéralement ‘sanshin’ par san- trois et shin- cœur/esprit.
Maître Dôgen, enseignait cette triple attitude de l’esprit à cultiver et manifester en zazen et de zazen en toute notre vie : l’esprit vaste-bienveillant (daishin), l’esprit aimant-parental (roshin) et l’esprit de mansuétude (kishin).

Daishin, l’esprit vaste, l'esprit bienveillant.
L’attitude de l’océan ou de la montagne : calme et constante, capable de tout recevoir, de nourrir les êtres innombrables et accueillir les situations et toutes les expériences, sans distinction ni discriminations. Revenir à la quiétude de l’océan qui accepte sans résistance l’eau de tous les fleuves.

Roshin, l’esprit aimant, l'esprit parental.
On traduit également littéralement ‘roshin’ par ‘esprit des anciens’, semblable à l’attitude aimante des parents et grands parents qui transmettent, protègent et prennent soin de tous leurs enfants et plus particulièrement des plus petits et des plus fragiles. C’est un esprit de maturité. L’esprit du bodhisattva, l’être d’éveil, fait de douceur et de dévouement envers les autres et envers soi même.

Kishin, l’esprit de mansuétude.
C’est l’esprit de liesse, de joie pure et profonde et constante qui surgit et monte du creux de la nature véritable éveillée quelle que soit la situation et l’être en face de nous. C’est le jaillissement d’une équanimité d’âme du cœur envers le monde. Cet esprit naît directement de zazen, et prend consistance dans la compréhension de la non-séparation et de la communion profonde avec tous les êtres. La capacité de tout recevoir sans jugement et sans distance ni combat. Mansuétude et magnanimité.

 

Enracinées en zazen, ces trois attitudes de l’esprit engendrer l’harmonie. 

 

Assieds-toi; à présent laisse tous ces mots s’en aller. Assieds toi, silencieux, dans la bonne posture, tourne la lumière vers l'intérieur, coupe toute distraction.


Sans rien attendre.Entre dans le champ du monde et prends place à la table de l’éveil. Deviens cette montagne enracinée et ouverte à tout. Sans rien rejeter ni préférer.

Reviens à ta nature véritable. Bienveillant, aimant et magnanime. Révèle la nature de bouddha.

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