Quitter

la maison

l'ordination monastique

Le moine véritable, la véritable moniale, sont ceux qui s'évertuent à unifier le monde dans l'ordinaire des jours qui s'écoulent.

Quitter la maison, signifie embrasser plus grand, plus vaste, plus infini.

Alors nous comprenons qu'il n'y a rien à quitter.

--- Federico Dainin Jôkô Sensei

Lumière qui éclaire le monde

Levure qui agit dans le monde

Le Bouddha historique encore vivant, déjà la vie retirée du monde était une possibilité qui s'offrit à ses disicples. Non tant par choix institutionnel de la forme de vie cénobitique, mais par un besoin profond de pratiquer et cultiver l'éveil.

Aussi le Bouddha partageait sa vie entre les longues périodes de retraite dans la forêt (pendant les moussons) et la pérégrination de ville en ville pour enseigner, partager, s'assoir avec les gens et créer la rencontre.

A la vie contemplative et retirée s'alternait donc la vie au coeur du monde, au milieu des gens, de la manière la plus simple qui soit. Il en était d même pour ses disciples. Très tôt donc l'esprit monastique se tressait à l'amour et l'immersion du monde.

Après la mort du Bouddha, le déploiement de sa communauté a fait face très tôt à des discordes, puis des visions contrastées de la pratique formelle. Différentes expression de la Voie virent donc le jour, certaines purement retirées du monde, ascétiques et mendiantes comme le bouddhisme téhravada (Thaïlande, Laos, Birmanie, Vietnam, etc......) ; d'autres profondément vouées à l'étude des textes et à la pratique mystique et rituelle, dont la vie monastique est la plus haute expression de cheminement qui se cristallise dans un quotidien contemplatif, chaste, pauvre et soumis à l'autorité spirituelle d'un maitre comme dans le bouddhisme Vajrayana, appelé plus communément le bouddhisme tibétain (Inde, Népal, Tibet, Boutan, etc....) ; d'autres enfin firent le choix à la fois profondément monastique et cénobitique, et également profondément séculier et inscrit dans la vie du monde sans notion de retrait ou d'abandon, ni de renoncement formel comme le bouddhisme zen (Chine, Corée, Japon....).

Le bouddhisme zen a développé une attention particulière, et ce surtout au cours des siècles les plus récents, à vivre dans le monde, inscrits et enracinés dans le quotidien le plus ordinaire, monde dans lequel les monastères sont une lampe allumée qui veille sur le bien de l'humanité mais pas une fin ou un but d'accomplissement de la pratique.

La donnée constante est que, qu'il s'agisse du Bouddha ou des grands maitres des différentes traditions, tous ont enseigné, transmis et même donné mission d'enseigner et de perpétuer la Voie et 'lEnseignement tout aussi bien à des disciples ayant fait le choix de la vie monastique communautaire qu'à des laïques totalement inscrits dans le siècle. C'est une chose très importante.

Au cours des 300 dernières années, et plus particulièrement dans le zen, le bouddhisme séculier s'est fait de plus en plus vivant et créatif et la complémentarité entre les moines et et les laïques est devenue une véritable forme d'harmonie et d'équilibre.

Dans le zen en effet l'ordination monastique peut cohabiter avec un choix séculier profond, ainsi moines et moniales peuvent faire le choix de vivre dans le siècle, se marier, élever des enfants, choisir une carrière professionnelle, et vivre la foi et la pratique du zen dans une totale simplicité de la vie ordinaire des hommes.

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