CÉLEBRER

"LES HOMMES ONT

BESOIN DE RITES."

           

 

"Lorsque nous célébrons un rite en réalité il n'y a rien de sacré. Rien de magique. Aucun but surnaturel, aucune surréalité à atteindre   même si la la majorité de nos rituels sont d'origine chamanique et véhiculent un sens et des réalités ésotériques.  

 

Lorsque nous célébrons un rite, dans le zen, c'est notre corps qui se déploie et s’ouvre à l'univers, paradis retrouvé ; notre esprit devient la « Terre Promise » et chacun de nos gestes l'éclosion d'un miracle.

Lorsque nous célébrons un rite nous sommes le temps palpitant et il n'est aucun lieu où nous ne sommes pas; nous devenons éternité dans ce présent pleinement exprimé, car le cérémonial demande un profond abandon de notre "petit soi", et dans cet abandon nous faisons l'expérience directe du Tout harmonisé.

 

Lorsque nous célébrons un rite, nous devenons prière, nous sommes louange. En un instant, un seul, tout est unifié dans la précision, la beauté et l'harmonie du geste. Tout est possible à cet instant car le "moi" disparait et laisse la place au Tout. C'est dans ce Tout que nous pouvons toucher et relever l'être souffrant, ou nous joindre à la joie du monde.

Si nous célébrons avec foi, avec le temps, notre vie toute entière ressemblera à la célébration de nos rites. Au coeur du rite il n'est alors plus besoin de chercher le visage des Dieux car dans notre corps offert à la célébration c'est le corps de l'Au-de-Là-de-Tout qui bouge, se meut, chante, crie, se prosterne et s'incline, se tait , pleure et sourit. 

Quand nous célébrons, nous devenons la beauté des êtres dont la vie est blessée, nous devenons la voix de ceux qui n'ont pas de voix, nous devenons la dignité de ceux à qui on a arraché toute dignité, nous devenons le chant de cet être qui a le cœur trop lourd pour chanter, nous devenons la légèreté de ceux que la vie a terrassé, nous devenons la présence de ceux qui se sont perdus, nous devenons l'harmonie de ceux dont les jours ont été dévastés, nous devenons la joie de ceux qui n'ont plus de joie.

Et notre corps devient la nourriture pour ceux qui ont faim, tout notre corps devient l'eau fraîche pour ceux qui sont assoiffés. C'est cela célébrer !"

(Federico Daīnin Jôkô Senseï)

Dans la sangha de La Montagne Sans Sommet est donnée une place très importante au rituel et aux cérémonies.

L'esprit de la célébration est un esprit joyeux et profond, et constitue à lui seul un enseignement permanent à part entière dont sont étudiés la forme, le sens et le fond, et la symbolique .

Federico Dainin Joko Sensei enseigne les rites et les rituels à partir du Eihei-Shinji (livre cérémonial de l'Ecole Sôtô), mais également de sources plus anciennes du Cha'n et du Sôon.

Notre liturgie zen est à la fois enracinée dans la tradition Sôtô du Japon, mais loin de singer bêtement des rites exotiques, tout est adapté à notre culture occidentale d'ici, d'aujourd'hui. Aussi Sutras et Mantras sont traduits en français, et chantés en japonais, en chinois et en français  à 3 voix, accompagnés des instruments traditionnels (cloche, mokugyo et tambour) tout aussi bien que de nos instruments occidentaux, flute, violon, harpe.

Cet équilibre merveilleux entre l'antique tradition et notre culture aujourd'hui nous permet à chaque cérémonie de rendre hommage aux Ancêtres, mettant nos gestes dans leurs gestes d'antan, et de bénir le présent plongés dans notre culture et dans ce samsara.

Le rituel est une merveilleuse pratique qui, si elle est transmise et célébrée avec sincérité et profondeur, engendre la joie, crée l'harmonie, élève l'esprit, réconcilie le corps, et rassemble les êtres dans la beauté.

(Extrait du "Livre de Vie" de la Fraternité de La MOntagne Sans Sommet)

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